Un peu de tout dans le même panier...
Une série qui nous colle au canapé et qu'on s'enfilerait facilement épisode par épisode sans s'arrêter tant qu'on n'en a pas vu la fin, si les journées ne duraient pas que 24 heures... vous connaissez ça ?
Vous savez déjà qu'on est amateur de séries, chez Kraby et le Rouquin. Trueblood (ça s'essoufle, mais Eric nous a fait beaucoup rire dans la dernière saison), Skins, Dexter, Game of Thrones (excellente, j'y reviendrai), Walking Dead, Sons of Anarchy, How I Met Your Mother (adoration suprême), The Big Bang Theory (Penny ! Penny ! Penny !), Breaking Bad et j'en passe.
Celle qui nous tient collés à l'écran en ce moment est une série bien trash, qui fait du bien car elle sort du cadre des modèles de série qu'on a l'habitude de voir, tout en étant un habile mélange de choses déjà vues et, surtout, respectueuse des codes du genre.
Misfits, c'est l'histoire de 5 délinquants un peu paumés qui n'ont rien en commun, se retrouvant à devoir faire leurs travaux d'intérêts généraux ensemble. Un orage exceptionnel explose et ils se prennent un éclair bien mastoc qui les envoie valser. Dès lors, ils se découvrent des super pouvoirs...
Ca pourrait être simple, du vu et revu. Mais Misfits n'est pas une série de super-héros qui sauvent le monde comme dans Heroes, ni comme les 4400 qui se cherchent entre eux pour se rassembler, ce n'est pas non plus une bande d'ados à la Dawson qui découvre la vie. Ces cinq là s'en foutent du monde et de la justice, ce qu'ils veulent c'est qu'on leur foute la paix et finir leurs TIG au plus vite. Evidemment, ça ne va pas être aussi facile que ça. Ca parle dur, sexe, vulgaire, chewing-gum de la distinction et humour graveleux. Une sorte d'évolution de Skins, moins bourgeois, moins plat, vu du côté des petits malfrats. On est loin de Plus Belle la Vie (arg, je pensais pas écrire le nom de ce truc un jour).
La série anglaise ne laisse aucune pause, aucun répit : ça fuse, ça gicle, la musique est hyper bien choisie (écoutez le générique, par The Rapture!), les personnages extrêmement complexes, les dialogues cinglants et percutants (à regarder en V.O., évidemment parce qu'en français, ça craint), l'intrigue en spirale sans fin.
Déconnectés de la société, Curtis (Nathan Stewart-Jarrett), Alisha (Antonia Thomas), Nathan (Robert Sheehan), Kelly (Lauren Socha) et Simon (Iwan Rheon) se retrouvent sur le triste et morne terrain du community service où tout est gris et chiant, avec pour seule couleur l'orange de leur uniforme.
Curtis est un champion d'athlétisme ayant raté les J.O. pour une sombre affaire de drogue. Kelly, la zoulette un peu vulgos, pas vraiment féminine, à l'accent du nord anglais hyper marqué est là pour avoir frappé une fille. Nathan, le petit con énervant qui sort une bombe par phrase et n'a peur de rien (surtout pas du ridicule), dit être là pour avoir volé des bonbons (?). Alisha, la bimbo sexy, s'est faite arrêter pour ivresse au volant et refus d'obtempérer (après avoir tenté de s'en sortir par dessous la ceinture du flic), tandis que Simon, le timide freak plus qu'introverti, directement rangé dans la catégorie psychopathe par ses collègues, cache les raisons qui l'ont amené aux TIG.
Chacun d'entre eux se retrouve avec un pouvoir en relation avec ce qui le définit. Curtis, qui regrette très fort d'avoir gâché ses chances et voudrait changer les choses, se retrouve capable de revenir dans le passé. Kelly, paranoïaque et soucieuse de sa réputation, entend les pensées des autres. Simon, habitué à être ignoré, sait se rendre invisible. Alisha provoque une désir sexuel exacerbé chez toute personne touchant sa peau nue. Face à eux, Nathan cherche toujours quel peut bien être son pouvoir (en poussant très fort).
Pas de collants ou de masques pour nos anti-héros : la combi orange des TIG fait office de costume. Pas non plus de super-vilain à combattre : le club des cinq des temps modernes veut en finir et surtout masquer un méfait commun...
Mention spéciale au personnage de Nathan justement, têtes à claques par excellence, respect de rien, pas même de soi, une tronche "multi face" qui bouffe l'écran à chaque apparition et balance vanne sur vanne. Un trublion pervers au comportement provocateur et obscène, auquel on finit par s'attacher au fil des épisodes.
Moi, j'aime beaucoup Simon qui, sous sa carapace de petit geek/puceau/timide/asocial (rayer la mention inutile) (indice : il n'y en a aucune), cache une tête bien faite. Ce pauvre mec que tous persécutent et traitent comme le dernier des loosers, psychopathe pervers, on a envie de le protéger.
Je suis malade, je le sais bien.
Ici, dans le monde des gens qui découvrent des séries géniales mille ans après (elle existe depuis novembre 2009...), on en est à la saison 2. Et mon gars, ça dépote. La saison 3 commence tout juste, alors qu'une production US vient d'acquérir les droit pour en faire un remake (beuhhh).
Misfits, c'est une série ficelée comme un rôti, brillante, noire et profonde.
Irrévérence, désinvolture et authenticité du politiquement incorrect anglais.
Foncez !